samedi 30 janvier 2016

Michel Onfray et son traité d'athéologie : résumé, commentaire rapides



Un beau jour, j'ai reçu la Foi en envoi simple. Elle était là, dans un paquet marron que j'ai trouvé dans ma boîte. J'ai regardé le destinataire, un peu surpris car je n'attendais aucun colis. C'était bien pour moi, il y avait mon nom, mon adresse. Et pour l'expéditeur, c'était tout aussi clair. C'était marqué "Dieu". Mais là, sans adresse pour un possible retour. J'ai donc ouvert, et je me suis trouvé avoir la Foi.

Cette Foi n'avait aucun lien avec la connaissance et la science. Elle n'éclairait pas, elle n'expliquait rien. Elle n'était qu'un lieu de spiritualité et de croyance à mon usage personnel. Son arrivée s'expliquait sans doute par des circonstances de ma vie : sans m'en rendre vraiment compte, j'en avais besoin. Mais elle n'était liée à aucune religion, à aucun rite, et ne m'obligeait en rien à un quelconque prosélytisme. C'était un genre de "foi du charbonnier", sans questions ni réponses. Elle vivait du credo quia absurdum. Tout en laissant une place au doute - un doute de charbonnier, tout aussi rustique, et qui en était consubstantiel.

De cette foi, j'ai eu quelques avantages. Elle m'a permis de comprendre le pari de Pascal, le "Jesux c'est du Plux, Jesux c'est du Luxe" de Boris Vian. Et aussi l'erreur des croyants pour qui la Foi est un supplétif de l'ignorance, ou le cache-misère des incertitudes de la science. Et d'autres choses encore.

Elle m'a rendu assez heureux, ou moins malheureux, selon les moments. Je l'ai eue pendant une vingtaine d'années. Elle ne s'usait pas et m'était plutôt utile. Mais un jour, j'ai regardé le monde sous divers angles, particulièrement celui de la science (neurophysiologie, neuropsychologie expérimentale et aussi physique des particules et astrophysique pour autant que j'aie pu y accéder sans le bagage mathématique suffisant) et je me suis rendu compte qu'il n'y avait même pas la place pour un Dieu absurde. Le seul Dieu qui aurait pu exister dans ce monde lisse, logique et cohérent n'aurait pas été absurde, mais idiot. Un Dieu idiot, c'est un genre d'oxymore. Ce n'était plus possible...

Sans doute je n'avais plus besoin de la Foi. Jusqu'à la prochaine… fois. En tout cas, sur l'étagère sur laquelle je l'avais posée, elle avait disparu. Il ne restait plus que sa trace dans la poussière, délimitant l'endroit où elle avait si longtemps reposé. C'était il y a quatre ou cinq mois.

Comme beaucoup, j'ai fait connaissance avec Michel Onfray par France-Culture - la reprise de ses conférences de Caen. J'ai trouvé qu'il était parfois un peu trop moral (rejetant une œuvre du fait d'un manque de cohérence entre la vie de l'auteur et l'œuvre elle-même) et souvent plus historien de la philosophie que philosophe - mais j'ai supposé qu'il s'agissait d'une intelligente stratégie destinée à laisser venir son large public. Je lui ai été reconnaissant d'être clair, parfois drôle dans son ironie, toujours intéressant. Et surtout d'avoir soulevé la pierre de cinq cent kilos qui pesait sur les intellectuels : quarante années de terrorisme, de culte de la personne, de déclarations absurdes et contradictoires qu'on devait accepter du fait que le roi n'est jamais nu (Sartre, Deleuze, Freud et compagnie), sous peine d'ostracisme et d'excommunication. Certes, je ne l'avais pas attendu pour prendre mes distances… mais je gardais quand même une vague culpabilité, l'impression de passer à côté de quelque chose, dont il m'a délivré.

J'ai cherché à en savoir plus sur internet. Là, j'ai souvent vu Onfray attaqué, assez injustement la plupart du temps, et avec une étrange mauvaise foi. Mais il ne prend pas de gants et il sait se défendre. J'ai vu aussi des tables rondes où il n'était pas transcendant - la faute pouvait aussi en être attribuée au journaliste, ou à une situation compliquée à gérer et obligeant à marcher sur les œufs. Et puis on n'est pas au meilleur de sa forme tous les jours.

J'ai appris qu'il avait publié un "traité d'athéologie", et j'ai décidé de le lire.

J'ai lu ce livre avec plaisir, sans prise de tête. Bien sûr, on trouve parfois un passage du style :

"Cette logique panthéiste de la communauté suppose la dilution du moi dans la totalité englobante. La fusion dans l’éther du corps politique justifie le martyre qui permet à l’individu non pas de périr comme tel, individuellement, subjectivement, mais, au contraire, de réaliser une transmutation de son être persistant dans la communauté mystique d’une manière sublimée, parce qu’éternelle, anhistorique et trans-historique. D’où les kamikazes musulmans. Théorie de l’eschatologie existentielle."

Je plaisante, c'est juste pour te faire peur. Ce genre de passage est rarissime. Au contraire, le style est fluide, agréable, sacrifiant assez rarement au désir de faire beau qu'on trouve chez les philosophes d'aujourd'hui quand ils ne donnent pas dans le genre abscons. Onfray n'y échappe pas tout à fait, mais ne s'y complait pas. 

Voici le découpage du livre : 

Introduction 
Onfray dit qu'il n'a pas d'objection contre la foi privée (même si elle est infantilisante), du fait qu'elle est utile à certains qui ne peuvent survivre qu'en s'aveuglant délibérément. En revanche, il est totalement hostile à tous ceux qui organisent la religion.

Il définit l'athéisme comme une santé mentale recouvrée, et souhaite fonder une athéologie mobilisant psychologie, métaphysique, archéologie, histoire, mythologie et d'autres savoirs encore. Pour ce faire, il propose de remonter aux Lumières, mais sans doute pas les classiques du genre, qui n'ont en réalité rien d'athée (Rousseau, Diderot, Voltaire…) Il regrette que le long détour de Kant dans une trajectoire réellement athée échoue au bout du compte à se défaire de la religion. 

Partie 1 : athéologie 
Dans le chapitre I, il dit qu'en dépit de l'impression qui prévaut, Dieu est loin d'être mort, du fait de la terreur inspirée par le néant. Il fait remarquer à quel point la position athée ne se définit en général qu'en opposition, et non en positif, en constructif. On accroche à l'athée la réputation d'immoraliste (exemple les libertins). On le combat par l'antiphilosophie, contrepoint des Lumières, antiphilosophie dont on ne parle pas assez. Pourquoi cette attitude hostile à l'athée ? Parce que l'athée combat les puissants, les rois qui, depuis toujours, se sont opportunément placés comme représentants et interprètes des dieux. A noter que tout ce qui n'est pas conforme à l'ordre est proclamé athée, par exemple les panthéistes. Il convient donc de mieux définir ce qu'est l'athéisme vrai.

Le chapitre II indique que l'athéisme commence avec l'abbé Meslier - et non avec ceux dont on suppute l'athéisme, comme Erasme, Montaigne, Hobbes et d'autres. Il s'étonne de la part si faible faite à de réels athées dont les thèses (ici rapidement évoquées) mériteraient une meilleure mise en lumière : d'Holbach, La Mettrie, Cabanis, Helvetius, Feuerbach et d'autres encore. Vient Nietzsche avec une pensée post-chrétienne radicale et élaborée, qui permet une sortie de la religion - mais sa pensée est trop souvent mal interprétée, et prise en bloc, y compris ses excès.

Aujourd'hui encore, on essaye de faire rentrer par la fenêtre la religion, sortie par la porte aux prix d'efforts de plusieurs siècles pour en purger la vie publique. Dans les écoles par exemple - alors qu'il vaudrait mieux donner des leçons d'athéisme.

[Je note là une première bizarrerie dans le domaine des sciences dont Onfray ne semble pas avoir une grande connaissance, puisqu'il place la géométrie euclidienne par rapport aux mathématiques au même niveau que la mythologie avec l'histoire et l'alchimie avec la chimie, comme une "proto-science", ce qui est absurde : Lobatchevski et Riemann n'ont pas effacé Euclide.]

Onfray prévoit une ère post-religieuse inévitable, dont on trouve un signe dans les turbulences actuelles dont font partie les conflits de religions actuels, judéo-christianisme contre islam - et il met en garde contre une prise de position erronée qui consisterait à s'inscrire du côté d'un judéo-christianisme progressiste contre l'islam obscurantiste : il ne faut pas se tromper de combat, les deux sont à rejeter afin de pouvoir procéder à un examen raisonnable.

Dans le chapitre III, Onfray veut renverser l'idée selon laquelle, "s'il n'y a pas de religion, tout est permis". Au contraire, il suffit de considérer la violence historique dont les religions ont fait preuve pour assurer qu'au contraire, s'il y a des religions, tout est permis, massacres, viols, pillages etc.

[Gênante exagération de l'auteur qui dit avoir lu le Coran et affirme qu'on trouve un appel à détruire infidèles, juifs, chrétiens à presque toutes les pages. Personnellement, je n'ai lu qu'un tiers du Coran, dans trois traductions différentes, et j'ai fait des recherches sur l'incidence des mots "tuer", "puni"(r)(tion), "chat"(ier)(iment), "juif", etc. sur l'ensemble du livre pour évaluer leur incidence. Incidence qui me semble bien en deçà de ce que décrit Onfray - même si la conclusion de mon post brikbrakbrok.blogspot.com/2016/01/jai-pas-lu-le-coran-mais-jai-entendu.html est assez négative sur les trop nombreuses incitations à la violence qu'on trouve dans le coran].

Onfray décrit la présence prégnante du judéo-chrétien comme une "épistémè". Le mot grec veut dire science - on s'écarte manifestement du sens originel, puisqu'il la définit comme un empire conceptuel et mental diffus dans la civilisation. Il met en garde contre l'illusion de la disparition de cette présence de la religion dans les esprits du fait de l'extinction du rite. Il donne en exemple de cette imprégnation le fonctionnement des éthiques médicales (bioéthiques…), ainsi qu'en Droit, le présupposé d'un libre-arbitre indispensable pour trouver un responsable puis sanctionner. [je pense que l'interrogation d'Onfray est très pertinente, mais le traitement qu'il en fait ici un peu court - cf. ma série Gazzaniga sur le libre-arbitre qui commence ici : brikbrakbrok.blogspot.com/2016/01/linterprete-gazzaniga-i.html]. 

L'imprégnation par le judéo-chrétien tient notamment à l'ignorance de la religion par ses propres pratiquants - ignorance érigée en système, entretenue, et au jeu de falsifications opéré par la chrétienté et l'islam. De là est né un "athéisme chrétien" (qui a pu s'organiser en libre-pensée, loges maçonniques…), qui n'en appelle pas à des dieux mais revient aux mêmes valeurs que celles de la chrétienté à travers une mise au point utilitariste et pragmatique. Jankelevitch, BHL, Finkielkraut, Levinas en sont les chantres [dommage que l'auteur n'illustre pas sa thèse]. Onfray en appelle à un "athéisme post-moderne" qui abolit la référence théologique, mais aussi scientifique pour dépasser ces positions… et cite Bentham et Mill comme précurseurs de cette remise à zéro [mais n'explique pas pourquoi il souhaite ce dépassement des "modèles géométriques"]. Il invite à une déconstruction des monothéismes. 

Partie 2 : monothéismes 
Le chapitre I obéit à ce projet d'une déconstruction des monothéismes. Il illustre le haro sur l'intelligence, la kyrielle des interdits, l'obsession de la pureté, le dressage du corps qui sont le fait des trois principales religions.

Le chapitre II traite de la fabrication des livres saints et des falsifications nécessaires pour en augmenter la cohérence, de l'utilisation de ces livres pour stériliser la réflexion, notamment scientifique. L'auteur insiste sur le caractère hérétique de la théorie atomique de Démocrite / Epicure [d'une manière qui m'étonne un peu, car l’Église n'est pas avare de "mystères" pour expliquer les collisions du dogme avec la science]. Il donne de nombreux autres exemples relatifs à la cohabitation parfois très difficile de la religion avec la science et à ses difficultés à accepter le progrès scientifique.

[On trouve encore une remarque qui montre qu'Onfray n'est lui-même pas très ami avec la science, puisqu'il affirme que la modernité valide la théorie corpusculaire de la lumière : la modernité ne valide rien du tout, elle est surtout bien embêtée par l'impossibilité actuelle à faire converger le Modèle Standard et la relativité générale. Elle se garde bien de trancher et reste dans une prudente expectative.

De même, un peu plus bas, Onfray moque l’Église qui affirme : "l'éternité des mondes ? Impossible…" Or, la notion d'infini, largement utilisée en mathématique, n'est qu'un qualificatif extrêmement hypothétique dans la physique contemporaine. Qu'on me présente un objet infini…

D'ailleurs, contrairement à ce qu'écrit Onfray, des chercheurs ne croient pas à ceci ou cela (même page), ils posent des hypothèses, mais se gardent bien de préjuger d'une infirmation ou d'une confirmation de l'hypothèse, ils se bornent à en évaluer la vraisemblance à l'aide d'arguments convergents.

Toujours dans cette partie II, une fois n'est pas coutume, Onfray devient précieux (et cela me fait sourire) : "dans l'atmosphère laborieuse de leurs cabinets de travail…" : je pense qu'il vient de relire Les Chats, de Baudelaire… Mais le problème vient plutôt de ce qui suit. En effet, Onfray évoque le polygénisme en en donnant un définition bien insuffisante pour supporter sa démonstration, même si sur le fond, on ne peut qu'adhérer à son propos. Le polygénisme qu'Onfray évoque avec une connotation positive, fut le fondement de maintes théories racistes. Combattu par Darwin, il est rejeté dans l'histoire des théories erronées du fait de sa faible vraisemblance au regard de la génétique moderne.

Quelques pages après, je sursaute en lisant que Freud met au point une méthode qui guérit les psychoses (je raccourcis, mais je ne pense pas altérer). Loin de moi l'idée de n'attribuer aucun mérite à Freud - ce sont ses épigones qui ont tout gâché. Mais de là à le présenter comme guérissant les psychoses et, trois lignes plus loin, prouvant que toute religion procède d'une "névrose obsessionnelle" (même si Onfray mets des guillemets - les italiques sont de moi), c'est pour le moins très étrange. Une présentation plus distanciée aurait été préférable.]

Le chapitre III oppose une vision dualiste avec un au-delà à la vision du seul réel matériel. Onfray conclut que l'espoir d'un au-delà […] génère immanquablement le désespoir ici et maintenant. [conclusion que je ne comprends pas, ou qui ne me paraît pas exacte, ou semble au moins exagérée].

Il dresse un tableau qui ne manque pas d'humour des paradis qui sont promis et des anges qui y séjournent. Il explicite la dimension sexiste et homophobe des trois monothéismes, et leur hostilité de principe à la libido. Il pose d'intéressantes questions sur l'excision et la circoncision dont il relève qu'elle obéirait à la définition juridique de la mutilation : le prépuce n'est pas en soi une pathologie ! Selon Onfray, la circoncision aboutirait à une altération des possibilités sexuelles [je n'ai pas d'éléments - avant, après - pour juger personnellement ; j'ai souvenir d'un livre de Roger Peyrefitte intitulé "Les Juifs", qui disait exactement le contraire. Question dont je n'ai jamais entendu parler durant mes études de médecine. Sans doute parce qu'elle est l'objet d'une trop large controverse.]

Partie 3 : christianisme 
Les chapitres I et II discutent longuement des aspects historiques de la vie de Jésus, de Saint Marc et de Saint Paul.

[N'étant pas historien, je ne puis rien en dire, sinon qu'à elle seule, la mise en perspective que propose Onfray est très intéressante et stimulante. A propos de la spectaculaire crise de Paul qui précède son revirement religieux, Onfray pose une diagnostic d'hystérie de conversion. De fait, les éléments qu'il apporte sont très évocateurs de la description clinique princeps faite à la fin du XIX° siècle notamment par Charcot. On aurait néanmoins souhaité un peu plus de prudence, l'ethnopsychiatrie et l'histoire de la psychiatrie montrant que la symptomatologie peut varier considérablement suivant les lieux et les époques.]

On trouve dans le chapitre II une étude du lien entre le temporel et le spirituel, qui permet de conclure un "compagnonnage" entre l'Eglise et l'Etat.
Le chapitre III traite de l'imposition du christianisme par Constantin, des débuts de la chrétienté et des persécutions des païens.

Partie 4 : théocratie 
Le chapitre I traite de la fabrication des textes saints et de leur exploitation (à l'aide de prélèvements choisis) afin de pouvoir justifier des attitudes contraires (d'où la possibilité d'imaginer toutes sortes d'islams - y compris un islam féministe !) L'auteur s'étend sur les nombreuses contradictions qu'on trouve dans le coran. Onfray conclut sur la nécessité pour tous de se donner la peine de lire les textes religieux pour s'en faire une idée précise.

Dans le chapitre II, Onfray insiste sur l'attrait qu'exerce la mort dans le discours des trois religions. Il relève que leurs textes, qui appellent au racisme, au meurtre et à d'autres voies de fait, n'ont pourtant jamais été interdits de publication. Il évoque les nombreux meurtres et massacres qui émaillent toute l'histoire des religions, la sympathie de l'Eglise pour les fascismes, sa compromission y compris avec l'hitlérisme, largement détaillée, l'antisémitisme chrétien, la justification de l'esclavage et de la conquête coloniale, la position plus que douteuse de Rome vis-à-vis du massacre des Tutsis.

[Décidément fâché avec la science, Onfray déclare que la syphilis a été transmise par les conquistadores aux peuples dits sauvage. Depuis longtemps, on sait que c'est l'inverse, la syphilis a explosé à Naples (d'où son nom de "mal de Naples") en passant par l'Espagne, rapportée par les soldats revenus d'Amérique. Pendant un bref moment, la découverte en Europe de squelettes plus anciens que les conquêtes et potentiellement marqués par la syphilis osseuse à pu créer un doute. Des travaux sur la filiation génétique du tréponème ont permis de revenir sans conteste à la thèse d'une primo-infection européenne qui a eu lieu outre-Atlantique.]

Le chapitre III analyse la vision du monde du coran, le goût musulman du sang, le repli sur la famille, la communauté. On y trouve aussi une intéressante analyse du régime de Khomeini en tant que fascisme. Onfray revient aussi sur les prélèvements (des textes originels) qui permettent à certains de vouer un culte au signifiant en le vidant de signifié, tout en insistant sur le fait que le coran ne permet pas une religion "à la carte". De ce fait, le coran se place de manière obligée en contradiction totale avec les Lumières. Dans ce chapitre, Onfray rappelle aussi le caractère profondément judéo-chrétien de la laïcité, et notamment de la république française. Il invite donc à aller au-delà de cette laïcité, qui aboutit à rendre équivalents (relatifs) tous les discours : le mythe y pèse autant que la raison, la magie autant que la science… On ne peut donc pas rester neutre. Il faut promouvoir une laïcité militante, véritablement athée.

Suit une bibliographie, qui tranche avec l'ordinaire. Onfray y mouille la chemise. Il ne se contente pas d'un listing de références qui semble plus destiné à prouver l'érudition de l'auteur qu'à aider le lecteur. D'abord, il classe les ouvrages par thèmes. Ensuite, il donne des conseils pratiques et un avant-goût de ce qu'il propose à notre lecture. Cette bibliographie est un must et doit être prise en exemple !

Au total, opinion favorable sur ce livre. Outre le plaisir de le lire, il m'a donné de nombreux aperçus historiques sur des faits que j'ignorais, et utilement rappelé des vérités trop oubliées. Il présente un certain nombre de points de vue sur le monde actuel qui incitent à une plus grande vigilance, notamment quant à la laïcité de la république française. Bien sûr, on doit se demander s'il est aussi approximatif en histoire qu'il l'est en science... Mais cela ne change rien, je ne considère pas ce livre comme une source d'information parfaitement fiable. L'essentiel pour moi, c'est "l'effet Onfray" : l'autorisation que nous nous accordons de contester et de jeter un regard nouveau sur ce qui semblait acquis.