dimanche 10 janvier 2016

Très vit(e) : petite anthologie d'un sexe à ne pas laisser entre toutes les mains


 quéquette faisait petit (et je l'employais quand j'avais dix ans ; j'ai grandi depuis) ;

binette faisait aussi petit et il ne semble pas que cette appellation ait été très répandue (ni qu'elle ait eu une postérité) ;

bite m'a longtemps posé un problème d'orthographe - un "t" ou deux - car j'ai toujours aimé traîner le long des quais mais j'avais peur de m'asseoir ;

zizi faisait populaire, et d'ailleurs, Pierre Perret en parle trop ;

vit faisait Sade, et n'était pas connu ;

phallus faisait Freud, était d'un déplaisant pédantisme et l'est toujours ;
phallus fait aussi phalloïde et c'est un des trois champignons mortels en France - merci bien ;

sexe était indéterminé (et faisait Masters et Johnson) ;

zob faisait arabe, et n'était pas bien perçu dans notre famille ;

queue était un faux sens, et je réservais le mot pour sa désignation originelle - je craignais de me retrouver avec un tire-bouchon rose entre les cuisses ;

membre faisait un peu clo-cloche quand on parlait de soi-même  (surtout, éviter d'avoir le membre gourd !) ;

zigouigoui et zigounette ne convenaient pas à la dignité de l'objet dans sa splendeur ;

jbougntz était grotesque et ne valait guère mieux - même s'il pouvait évoquer son caractère (re)bondissant ;

 pénis : entre tend ce pénis et pénitence - trop risqué, j'ai préféré faire un détour ;

 dard était trop agressif - je n'ai jamais blessé quelqu'un avec ;

braquemard était rabelaisien - trop rabelaisien, gaulois, graveleux pour mon tempérament réservé ;

jonc... oui, jonc, c'est gentil, un peu désuet, certes ; mais qui a rencontré quatre jeunes et beaux garçons en allant couper les joncs ?

objet était l'appellation pudique, tendre et orgueilleuse de ma grand-mère quand elle me faisait prendre mon bain ;

J'ai longtemps espéré que ce soit l'objet de tes rêves, C.

ps : une lectrice (particulièrement vergilante, sans doute) me fait remarquer que j'ai commis une omission. Et les onze mille...? s'indigne-elle. Cet oubli n'est pas un hasard. Mon passage chez les (trop) bons pères Eudistes m'a laissé un souvenir peu plaisant, confus et très ambigu du terme. J'avais quatorze ans et j'étais... vierge jusqu'au cou... A cette époque, il y avait encore des châtiments corporels, et la fille aînée de l’Église n'était pas regardante sur les mœurs du clergé subalterne. Certains de mes camarades biaisaient en permanence pour couper aux verges (ceci n'est pas une contrepèterie). Pour ma part, j'ai évité le pire grâce à mon professeur de piano : elle me donnait des "perm" signées d'avance qu'il suffisait de dater pour pouvoir s'échapper hors des murs du collège. Mais la phobie du mot est restée.
ps2 : faut-il un "s" à "perm" ? Et où le mettre ?