dimanche 11 décembre 2016

Broadchurch : une série qui commence mal et finit bien - mais très mal !


L'ennui d'une petite ville anglaise : que de bons souvenirs !

Un inspecteur contesté enquête sur le meurtre d'un garçon de onze ans dans une paisible station balnéaire anglaise. Falaises impressionnantes... Au fur et à mesure que l'enquête avance, le passé trouble de certains habitants remonte à la surface. On met au grand jour des petites histoires. Ce ne serait pas des fausses pistes ? Oh si... Trop banal, superficiel, trop visiblement ajouté pour épaissir la sauce, égarer. On marche - mais un peu seulement… Si le réalisateur a voulu montrer ce qu'était une enquête qui stagnait : bravo, une réussite ! Le spectateur lui aussi stagne… cinq épisodes.

Heureusement, un casting très agréable (à part un personnage, heureusement mineur, qui joue faux).

Mais j'ai failli abandonner. J'avais l'impression d'avoir déjà vu plusieurs séries qui utilisaient les mêmes ficelles. Le réalisateur est lourd quand il évoque la vie quotidienne de la petite ville. Les plombiers, l'électricien, le postier, le buraliste, le prêtre, les flics, la presse locale, tout le monde y est. Sans oublier le flic lui-même : un flic qui a un passé, forcément…

D'un autre côté - et je sais que c'est contradictoire - j'ai regretté qu'on n'y trouve pas les poncifs de mon enfance, les petits choses qui ont fait l'Angleterre, la tasse de thé, la reine, les pillar boxes, le petit jardin public, les zebra crossings, les chopes avec des têtes sculptées, les palissades basses en bois, le champ de cricket, la vieille dame aux cheveux bleus dans l'épicerie, les cones and wafers de chez Walls à three pence... Mais tant d'eau a passé sous les ponts ! Et montrer des boulangeries, des casquettes plates, des bars à la Simenon, des kils de rouge et des thermomètres Cinzano dans une série française, je trouverais ça atrocement ringard. Alors j'aurais mauvaise grâce de demander l'équivalent british.

Bref, la série se laisse regarder... si on n'a rien d'autre à faire. Mais j'ai quand même décidé d'aller jusqu'au bout : dans les histoires policières, les fins comptent pour beaucoup, on en a vu dont le brio rattrapaient un ensemble médiocre.

Bien m'en a pris. Outre que le scénario ne permet pas de deviner le dénouement - même s'il laisse tomber un peu trop lourdement de faux indices - la fin est une surprise. L'hypothèse pédophile qui constitue assez naturellement le fil rouge de l'histoire, est traitée avec finesse.

Encore mieux, la révélation du coupable est suivie d'une longue et belle période indispensable pour que chacun puisse faire le deuil… spectateurs y compris, ce qui montre finalement qu'ils ont été happés par l'histoire. Oui, il y a de belles qualités dans cette série.

Dommage qu'elles arrivent si tard. Alors je ne sais pas si je regarderai la saison 2.