samedi 10 juin 2017

Le grand roman des maths (Mickaël Launay)


Mon prof de math en 3ième.Heureusement, celui que j'ai eu en première et terminale était super !


Le grand roman des maths : n'étant ni historien, ni spécialiste en mathématiques et n'ayant jamais lu de livre de vulgarisation dans ce domaine, je ne peux que me prévaloir d'être un (petit) lecteur d'ouvrages scientifiques pour oser ce compte-rendu. Mais je n'ai guère d'éléments de comparaison et je sollicite ton indulgence, cher ami !

Le sous-titre "de la préhistoire à nos jour" précise qu'il s'agit là d'un livre d'histoire des maths et non d'un livre de présentation des maths, ou d'introduction à cette science à proprement parler. C'est un genre d'apéri...cube ! Ce livre court et sympathique est extrêmement facile à lire. Il s'adresse aux grands comme aux petits - dès qu'ils ont commencé à faire un peu d'algèbre et de géométrie.

Pour les formulophobes : non, il n'y a pas une seule grosse formule. Juste parfois un petit polynôme de rien du tout qui traîne par-ci par-là.

Tiens, à propos, j'ai bien aimé cette formulation ancienne : le carré d'un nombre auquel on ajoute dix fois ce même nombre donne trente-neuf. Qu'est-ce que c'est ? Une nouvelle énigme du sphinx ? Là, tu ne peux pas dire qu'il s'agit d'une formule alambiquée ! Tu ne reconnais pas ? C'est une bête équation du second degré !
x2 +10x - 39 = 0

Bien déguisée, non ! Très beau aussi cette remarque : l'addition d'une infinité de nombres (dans une suite) peut donner un résultat fini. Je te laisse méditer. Ou lire le bouquin.

Une conclusion personnelle, c'est que les maths telles qu'on les connaît datent de cinq siècles, pas plus. Certes, il y a eu une véritable réflexion sur les chiffres et les nombres (Mésopotamie, Inde, Arabie) et sur la géométrie (Grèce antique). Mais la grosse cavalerie mathématique est née en Europe au quinzième siècle, pas avant. Est-ce que je m'avance trop si je dis la chose suivante : la tradition mathématique explique largement le mode de pensée occidental, elle le structure - par rapport à d'autres cultures, par exemple orientales ? N'oublions pas que la culture mathématique fait partie de la culture générale... enfin, en théorie !


Le principe de Mickaël Launay...


Le principe de Mickaël Launay, c'est qu'on peut aimer les maths en amateur, comme on peut aimer la musique sans savoir jouer d'un instrument ou la peinture sans être capable de toucher un pinceau. Belles comparaisons ! J'ai aussitôt décidé de faire une expérience sur une amie... une amie qui ne manque pas d'intelligence et de logique mais qui ne s'intéresse pas aux sciences et aux techniques. Je lui donc ai parlé de quelques aspects les plus étonnants qu'évoque Le grand roman.

Certes, ma narration a sans doute moins de séduction que celle de Mickaël Launay. J'ai pourtant fait de mon mieux. Peine perdue. Elle ne voit aucun charme à ces rencontres inopinées qu'on trouve en mathématique, faux hasards, boucles et pirouettes où on finit par retomber sur ses pattes : qui te font glisser de la stupéfaction à l'admiration (béate).

De même, elle est totalement insensible à la beauté qu'on trouve dans cette alliance de simplicité et de puissance qu'il y a dans certaines formules et dans certains raisonnements. Moi, ils me donnent envie de poser genou à terre devant l'artiste qui les a inventés.

Quant à l'étrange mariage de la physique et des mathématiques, mariage de la nature avec l'invention humaine, il me jette dans une spirale de doutes et de vertige, comme l'araignée qui flotte sur l'eau de ma baignoire et qui arrive près de la bonde. Chez mon amie, électroencéphalogramme plat.

J'avoue avoir été un peu déçu. J'espérais quand même une petite lueur. Dois-je en conclure qu'il existe un facteur personnel, et qu'aimer les maths, même quand on les appréhende sous leur aspect le plus charmant, n'est pas donné à tout le monde ? Horreur ! Je ne comprends pas ! L'univers s'effondre autour de moi…

Mon amie me fait remarquer que c'est on ne peut plus banal. Elle adore les chevaux, elle en a sept chez elle, il y a des gravures, des peintures de chevaux qui recouvrent tous ses murs, des représentations de chevaux qui encombrent toutes les étagères de sa maison. Alors que moi, les chevaux, merci très peu… Un peu étourdi par la déception, je lui réponds que si, j'aimais beaucoup les chevaux - en steaks tartares, mais que les boucheries chevalines ont toutes fermé.

Un silence un peu pesant s'ensuit. Oui, les maths, finalement, c'est un sujet plus sensible que ça en a l'air.