samedi 11 novembre 2017

J'en ai rêvé… Texas l'a fait !


Le robot de Boston Dynamics et son persécuteur : même pas peur...


J'ai vu une vidéo impressionnante où on voit un homme armé d'une crosse de hockey s'acharner sur un robot - il fait tomber ce qu'il a entre les "mains" à plusieurs reprises, et finalement il le pousse avec sa crosse jusqu'à ce que le robot s'étale. Le robot se relève péniblement, etc. Avec quelque chose de presque pervers, cynique dans la manière dont l'homme observe tranquillement le robot chaque fois qu'il l'a persécuté...

Évidemment, c'est l'aspect humanoïde qui impressionne : comme si on maltraitait un handicapé. L'homme aurait piétiné une carte-mère, ça n'aurait pas fait pleurer dans les chaumières.

Il y a quelques jours, j'entendais des gens très sérieux à la radio qui parlaient de réviser le Droit pour faire entrer les robots dans le code civil.

Oui, bien sûr, la question de la responsabilité existe si par exemple une voiture intelligente est à l'origine d'un accident. Ces véhicules sans chauffeur se répandront sans doute dans une dizaine d'année : un peu tôt pour en parler... mais pourquoi pas.

Et c'est vrai qu'on peut se poser des questions - les mêmes qu'on pose aux étudiants qu'on torture dans les universités américaines, au département cognitivisme : tu es à côté d'un gros homme sur le quai d'une gare ; un peu plus loin, six personnes se sont aventurées sur la voie par erreur. Un train arrive à toute vitesse - impossible de prévenir. Mais si tu pousses ton voisin, il va arrêter le train et éviter la boucherie. Alors, tu fais quoi ?

Ce type de problème pourra se poser à une voiture sans chauffeur. Le robot prendra une décision qui proviendra d'un learning et non d'une programmation en dur. D'où les questions sur la responsabilité, etc.

Mais le responsable, c'est le propriétaire du véhicule (et récursivement son concepteur), non ? Si un portail automatique tue un enfant, est-ce qu'on démonte le portail pour le faire comparaître au tribunal ? Pourtant, il a pris la décision de se fermer de manière autonome.

Non seulement il est question de définir une responsabilité des robots, mais aussi de leur donner des droits. J'avoue que là, je ne comprends plus - il y a sans doute quelque chose que je n'ai pas saisi. Je conçois bien qu'on fasse évoluer le code civil pour tenir compte des évolutions techniques, mais de là à modifier le code pénal... A quand le droit de vote pour R2-D2 ?

Comme on aime bien se faire peur, on répand l'idée que l'homme va être remplacé par le robot. Mais en même temps, on veut accorder une personnalité morale au robot : ça te semble pas contradictoire ?

En fait, l'homme va être augmenté par les robots, il ne va pas être détrôné par lui. D'ailleurs, en te regardant, je trouve que tu as changé... Tu ne te serais pas un peu augmenté, ces derniers temps ? Non ? Allez, avoue...

C'est facile de s'augmenter maintenant. Regarde, moi : depuis quelques semaines, je potasse un bouquin sur Mathematica, un programme qui permet de faire des maths, de résoudre des problèmes, grapher, etc. Quand j'acquiers ces connaissances, j'ai la très nette impression de m'augmenter. J'ai maintenant une puissance de calcul, résolution d'équations, calcul intégral, calcul matriciel etc. que je n'avais que de manière modérée il y a un mois. C'est tout simplement prodigieux, ce que je peux faire. Je me sens bien, puissant, tout léger…

Mais tu vas me dire que non, le programme est dans l'ordinateur. Et qu'à la base, j'avais déjà compris les principes des maths que gère le logiciel. Oui, mais l'ordinateur sera bientôt dans ma tête (ou ma poche, peu importe), et sur le coin gauche de mes lunettes, un écran minuscule me permettra d'avoir sous les yeux les notebooks de Mathematica.

Je t'accorde que ce programme est bien plus malin que moi pour repérer les blocs qui vont permettre de faire une intégration par parties. C'est lui qui choisit, pas moi. Mais c'est qui, le boss ? Bibi.

Quand j'étais petit, je rêvais d'avoir une machine à calculer dans la tête. Si mon créateur l'avait voulu, il aurait intégré un tout petit circuit de quelques neurones, pas plus, pour que je puisse instantanément trouver la racine cubique de 394 avec cinq décimales, juste comme je fais maintenant pour une division de 81 par 9. Il se trouve que l'évolution ne l'a pas permis - pour des raisons qu'on devine : si Cro-Magnon avait eu l'utilité de la racine cubique de 394, ça se saurait.

Vraiment dommage. Sur le plan biologique, c'était enfantin, on a repéré des circuits beaucoup plus compliqués dans le cerveau. Tu imagines, on naitrait tous avec une machine à calculer pré-câblée dans la tête ? Vers quatre ou cinq ans, on commencerait à l'éduquer, et on serait tous des supercalculateurs - et des gens très ordinaires.

Oui, sérieux, quand j'étais petit, j'en ai rêvé… et Texas Instrument l'a fait ! Allez, un petit coup de baguette bionique et le tour sera joué.




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