dimanche 5 novembre 2017

La méthode de la vaccination à la casserole


La vaccination à l'écumoire marche bien aussi. Tu te demandes à quoi sert le bitonio blanc ? Moi aussi.


Ce matin, j'écoute la radio. Il se trouve que le Ministère de la Santé a décidé de rendre obligatoires onze vaccins pour les enfants, au lieu des trois qu'on connaît, DT-polio (diphtérie, tétanos… merde, réveille-toi !)

En tant que technicien de la santé, je ne peux qu'approuver cette mesure. Il était temps d'agir.

Car une vague irrationnelle engloutit le pays. Certes, elle ne conteste pas les concepts quantiques qui permettent la construction du téléphone portable, ni les calculs fondés sur la relativité einsteinienne qui donne la précision des GPS. Ça, non, le citoyen vigilant n'y comprend que couic et se gardera bien de contester, pourvu qu'il puisse consulter son Facebook.

Non, le citoyen vigilant se tourne vers le lieu de tous les fantasmes : ce qu'on fait entrer dans son corps. En France, on a trente million d'amis, mais soixante-sept millions de médecins. Le numerus clausus ? Tu rigoles…

Pourtant les chercheurs qui préconisent les vaccins sont aussi trapus dans leur domaine que les physiciens. Bien sûr, il y a des accidents, mais le risque zéro n'existe pas, et tout est question de rapport bénéfice / risque. Et là, le bénéfice dépasse de très loin le risque. Pas le risque personnel - le risque pour les autres : ceux qui ne se vaccinent pas augmentent le risque pour la communauté, ce qui se traduit par un certain nombre de morts tous les ans.

Ah oui ? Mais il paraît qu'on injecte de l'aluminium quand on fait un vaccin - l'aluminium fait partie de l'excipient. Peut-être auraient-ils préféré l'eau ferrugineuse du bon Fernand…?  Où le molybdène, le vanadium, le cobalt qu'on trouve dans le corps à l'état de traces, hors toute pollution, pour faire fonctionner les enzymes ?

Oh... je devine que c'est un coup des méchants laboratoires - qui ne cherchent qu'à s'attirer des procès et tuer des gens pour avoir une couverture médiatique.

Un ami bien informé m'a dit que c'était la galénique du produit qui posait problème : administration par voie intramusculaire d'aluminium. S'il n'y a que ça, je propose de prendre une bonne vieille casserole en alu, à l'ancienne, et de leur enfourner dans le... Ah non ? Tu ne penses pas...

Holà, je m'égare ! Revenons à la radio ! Le présentateur annonce la nouvelle. Il insiste lourdement sur le onze vaccins au lieu de trois. Oooonze. Il n'en décolle pas. On sent qu'il veut attirer l'attention sur l'importance colossale du chiffre ! Onze ! Hénaurme ! Onze, c'est à peu près la population du globe, non ? Pas au dernier recensement ? Ah bon.

Réfléchis une seconde, ce chiffre ne veut pas dire grand-chose. Quand on te fait une transfusion, tu ne mégotes pas sur le nombre d'hématies qu'on te balance dans les veines. Sur la très grande variété de protéines qu'on fait entrer dans ton corps. Et là, onze. ONZE ! Et… il est où le problème ? Multiplication du risque ? Non, raté, en l'occurrence, c'est d'une addition du risque dont il s'agit. Alors 1 sur dix millions plus 1 sur dix millions etc…

Pourquoi ce journaliste s'autorise-t-il une présentation sournoisement tendancieuse de la décision du ministère ? De quel droit sape-t-il le travail de tous les médecins généralistes qui luttent pour convaincre leurs patients ?

Juste pour faire l'intéressant. Pauvre type, va !