mercredi 8 novembre 2017

L'abominable homme du marketing


Chicago, , hiver 1987 : j'aime la pub... enfin pas toutes !


A gauche, à droite, vers le "sage" du studio qui renvoie à droite, puis à gauche encore...

J'écoute la radio et ça m'agace : des animateurs plus ou moins putassiers (mais tous très contents d'eux-mêmes) n'arrêtent pas de se congratuler. Sous prétexte de répandre la bonne humeur, ils ont pris un ton enjoué qui sonne bien faux et ils se renvoient la balle comme une bande de copains. Ça n'existe pas dans la vraie vie, ces relations - on dirait l'adaptation d'un mauvais soap américain. Hystériques et certainement insincères - ceux qui ont approchés les divas des médias savent ce que cachent ces airs débonnaires.

Mais ce n'est pas bien grave.

Car entre deux réparties, il y a la pub.

Tu me dis que tu n'y fais pas attention. Tu as bien de la chance, je n'y arrive pas. Je trouve que cette manière d'assiéger notre cerveau est une violence inouïe. Je sais bien qu'on peut me trouver excessif quand je dis ça. Mais réfléchis : comment peut-on se permettre de faire intrusion dans les pensées d'un autre ? Comment peut-on s'autoriser à en modifier le contenu (car qu'on le veuille ou non, le contenu est toujours modifié, toutes les études le montrent) ? Comment peut-on prétendre en utiliser "la part disponible" ?

Comment justifier qu'on te vole ton temps ? Comment tu appelles ça, quand on te force à quelque chose ? Parce qu'on est cernés, on n'a pas le choix, c'est faux de dire le contraire.

Qu'il y ait de la pub lorsque tu recherches quelque chose, pourquoi pas. Mais quand tu ne demandes rien à personne ? Et ne me dis pas qu'autrement, la radio n'existerait pas ou qu'elle ne serait pas gratuite : d'abord, elle n'est pas gratuite, il y a une redevance. Ensuite, c'est un modèle commercial parmi d'autres, qui arrange bien certains.

Je ne supporte pas cette pénétration : la pub, c'est un viol.

Quelle alternative ? Je n'ai pas regardé la télévision depuis vingt ans. Il faut que je fasse de même avec la radio - même quand j'ai un long trajet à faire en voiture ?

Ma bête noire, ce n'est pas le capitalisme : si on réussit à le contenir, c'est comme la république, le moins pire des systèmes. Non, ma bête noire, c'est le marketing. Je considère ses pratiques comme des actes barbares - moins que ce qui s'est fait dans les camps nazis ou staliniens, bien sûr - mais la démarche est la même, contraindre l'autre, l'asservir, dénier sa liberté. Le polluer. Le mépriser en le traitant de portefeuille sur pieds, de consommateur.

J'ai bon espoir que dans cinquante ans, on aura sur le marketing le même jugement qu'on a aujourd'hui sur l'esclavage : une abomination. Enchaîner les esprits, enchaîner les corps...


1984, paysage en Caroline : il y a un point commun entre mes deux photos. Lequel ?


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