vendredi 10 novembre 2017

Le retour du jeune con : la baisse du QI dans le monde

Le garçon a manifestement un problème de refroidissement de sa carte-mère


On m'a fait parvenir un article des Échos (que tu peux trouver ici) intitulé : l'inquiétant recul du quotient intellectuel. L'info a été reprise par les grands médias qui répètent à peu près tous la même chose.

Selon ces sources, plusieurs études montreraient de façon convergente une baisse du QI dans la population au niveau mondial. Suivent plusieurs hypothèses pour expliquer cette baisse :
- la disparition de la sélection naturelle des plus faibles du fait des progrès de la médecine, etc,
- l'influence des écrans (voire le fait de conduire plusieurs heures par jour),
- la généralisation de l'usage du cannabis,
- des troubles hormonaux impliquant notamment la gestion de l'iode par l'organisme.

Je n'ai pas l'intention de vérifier les sources relatives à cette baisse du QI. Il faudrait pourtant le faire : examiner la validité des échantillons, celle des méthodes employées, et aussi préciser de quoi il s'agit : quelles tranches de la population ont été étudiées,  est-ce qu'on ne pourrait montrer que cette baisse concerne des sous-populations en stratifiant les échantillons (âge, origine sociale…), quels sont les écarts-types, etc. En admettant qu'on ne remette pas en cause la valeur du QI, alors qu'on sait qu'un tel outil peut tomber en obsolescence et devenir totalement inadapté pour décrire la réalité.

Mais non, je ne vais pas le faire. Je considérerai comme heuristiquement valable l'idée de cette baisse que je présume globale, générationnelle. Et si tu veux bien, on va aborder les hypothèses explicatives.

La première - la disparition de la sélection naturelle des plus faibles du fait des progrès de la médecine - je l'avais déjà envisagée (dans deux post de ce blog consacrés à l'eugénisme de nos jours) bien avant de lire ces articles sur la baisse des QI. En effet, la sélection existe encore, mais elle n'est plus naturelle, elle est culturelle et sera peut-être techno-biologique et eugénique. Il est difficile d'imaginer que cette  modification des mécanismes de sélection n'ait pas de répercussions sur l'espèce.

Je maintiens donc que l'hypothèse d'une altération de la sélection est plausible pour expliquer la baisse des QI... mais je ne sais ni comment ni dans quelle mesure.

J'en rapproche certains facteurs sociologiques (plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus on a statistiquement un QI élevé, et plus tard on fait des enfants - donc ceux qui ont un matériel génétique plus favorable font moins d'enfants).

L'hypothèse du cannabis me semble mal fondée. A ma connaissance, on n'a pas d'études qui montrent avec certitude l'influence du cannabis. On a des études qui décrivent ce qui se passe chez les patients qui prennent des substances de manière répétée, mais on n'a pas grand chose sur une éventuelle altération du cerveau post-intoxication. On suspecte une action négative durable sur le mécanisme d'enregistrement des souvenirs (un circuit sur la face interne des hémisphères) - mais ce résultat n'est pas encore démontré avec certitude. Prendre l'abrutissement qu'on peut trouver chez les gros consommateurs pour une lésion cérébrale, ce serait une erreur, car cet abrutissement est parfaitement réversible. Il pourrait donc biaiser des tests, mais ne permet pas de conclure à une baisse organique du QI.

L'influence des écrans est mal étayée. D'ailleurs, l'article fait justement remarquer que les pays les plus consommateurs d'écrans sont aussi des pays où le QI est élevé. A vrai dire, cette explication par les écrans me semble de l'ordre du ragot de concierge. Là encore, on confond le marteau avec la fracture du crâne.

L'hypothèse des troubles hormonaux est intéressante, mais absolument invérifiable. Il faudra bien vingt ou trente ans avant qu'on puisse réellement démontrer l'action de l'iode ou d'autres hormones. J'en ai trop entendu de ce style pour m'y arrêter.

Ce qui m'a surpris, c'est de ne pas trouver dans les articles que j'ai lus une explication un peu bête, toute simple, sans doute difficile à démontrer, mais qu'on ne peut pas négliger. Même si la vie n'est pas facile pour tous, même si la pauvreté existe encore, les idéaux ont changé. Autrefois, il fallait se battre, le monde était une jungle, on devait s'armer pour faire face aux difficultés, lutter. Aujourd'hui, il faut profiter, jouir, se lâcher, bénéficier des droits qu'on a naturellement en naissant, droit au logement, bientôt droit au travail voire à la paresse, et sans doute au revenu universel. La coolitude est la nouvelle philosophie, et elle est partout.

J'encourage toute idéologie qui s'éloigne des combats, de la violence et de la guerre. Mais je ne suis pas certain qu'elle n'ait pas d'influence sur la curiosité, sur l'apprentissage, sur l'envie de s'exercer, de s'affronter - aux problèmes intellectuels par exemple.

Ça te paraît totalement loufoque, comme explication ?