mercredi 10 janvier 2018

Petit dictionnaire énervé de nos vies de cons : danger, émanations toxiques


Il est même paru en poche : aucune excuse !

Tu connais les livres de chevet, ceux que tu gardes sur la table de nuit à côté de ton lit, ouvrages classiques que tu vénères (et n'ouvres jamais). Tu connais aussi les romans de gare qui te permettent d'amortir les retards de la SNCF : même si les éditeurs se donnent un mal de chien pour qu'on les prenne pour de la littérature, tu ne t'y fais pas prendre et tu as d'ailleurs un truc infaillible : tout ce qu'on trouve au Relai H de la gare Montparnasse, c'est de la littérature de gare. Trop puissant !

Et tu connais sans doute comme monsieur Jourdain les bouquins de chiottes : livres d'images et dictionnaires qu'on picore (même si picorer dans les chiottes, c'est quand même un peu limite). Livres en portions Vache qui Rit, qu'on peut ré-ouvrir aussi souvent que l'ordonne son intestin, sans peine, sans craindre d'avoir perdu le fil - et j'inclus les plus constipés.

Le petit dictionnaire énervé fait partie de ces livres. Peut-être l'as-tu déjà lu : il a été publié en 2010. Personnellement, je ne lis jamais de livres récents, je ne vois jamais de film nouveaux, je préfère attendre qu'une première vague, une deuxième, une troisième aillent au casse-pipe. Longtemps après, je hume la résonance de l'écho de la rumeur : je risque moins de perdre mon temps et d'encourager la mauvaise littérature en engraissant les mauvais auteurs ! Oui, je sais, humer une résonance, c'est un peu curieux : ça te dit à quel point je filtre. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'écoute les nouvelles très régulièrement - mais en podcast, quelques années après les évènements : c'est beaucoup moins traumatisant.

Certes, Le petit dictionnaire énervé ne vaut pas Bouvard et Pécuchet, le prince des livres qui moquent la bêtise.

Il ne vaut pas le Dictionnaire des clichés littéraires de Hervé Laroche, qui est à se rouler par terre. Raison pour laquelle j'ai dû le retirer de mon petit coin parisien du fait d'accidents - heureusement sans gravité.

(j'en profite pour lancer une annonce : je reconnais un excellent goût littéraire à l'ami(e) qui me l'a barboté en faisant une station dans mes toilettes rustiques, mais j'apprécierais qu'il ou elle me le rende - c'est un cadeau.)

Le petit dictionnaire énervé passe juste après ces deux monuments, et c'est un immense compliment !

C'est un livre vraiment drôle - pas seulement à cause des clin d’œil littéraires. Pascal Fioretto se promène dans les salons avec l'humour d'un jeune Proust dont il partage plusieurs traits - y compris de prendre Albert pour Albertine. D'un ton doux, sub-dépressif, à peine désabusé, cet ancien ingénieur chimiste verse goutte à goutte de l'acide nitrique fumant sur la bêtise ambiante. Autant dire qu'il sort des émanations toxiques de ce contact. Les plus lucides en seront incommodés…

Mais je n'ai même pas envie d'en parler. Lis !

Déjà, le bandeau me fait rigoler... Fioretto écrit des pastiches. Il a aussi signé Gay Vinci Code que je lirai sans doute.


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