mardi 29 mai 2018

Mamoudou Gassama : un titre de séjour gagné à la force du poignet




Un ami officier médaillé fait des pieds et des mains pour obtenir un permis de séjour pour son épouse étrangère. La procédure traîne. Alors qu'il suffirait de consulter ses états de service pour savoir à qui on a à faire, on enquête sur son honorabilité, pourtant hors de doute. Ce n'est pas une gamine maquillée et couverte de dauphins tatoués sur les épaules pour qui il sollicite un permis. Alors pourquoi lui faire des ennuis ?

Un égalitarisme stupide veut qu'il passe les fourches caudines sous lesquelles se plient les africains arrivés avec soixante euros en poche, au passé introuvable.

Justement, un africain sauve un enfant devant des caméras : il bénéficie en deux jours d'un titre de séjour pour son acte héroïque. L'ami officier l'a mauvaise, et je le comprends. On serait amer pour moins.

Mais comment s'est décidé l'attribution du titre de séjour ?

Sur une soustraction :
        nombre de points de popularité en plus
      - nombre de points de popularité en moins
     
Si le résultat est largement supérieur à zéro, on fait. Sinon, on ne fait pas.

Y a-t-il encore tant de monde à croire que la politique se décide autrement ?

Pour être élu, et ensuite pour faire des réformes, il faut être populaire.
Pour être populaire, il faut faire plaisir à une majorité des français.

Sinon, impossible de faire des réformes.
Impossible de tenir les promesses électorales.

Est-ce que nous, électeurs de base, nous voulons que les promesses électorales soient tenues ? Oui, forcément. Pour pouvoir juger sur les résultats. Même si nous n'avons pas voté pour le candidat - car nous respectons le verdict des urnes. Aussi médiocre soit-il, c'est le moins dangereux, le moins mauvais.

Donc il faut que les réformes soient faites. Donc il faut que la rue et l'opinion publique ne s'y opposent pas. Donc il faut qu'une majorité de personnes soient contentes.

La règle du jeu, pour pouvoir réellement gouverner (et non pas se maintenir simplement au pouvoir comme le précédent président), c'est de faire plaisir au plus grand nombre sur des petites choses pour pouvoir en faire de grandes.

Qu'on soit d'accord ou non sur le projet du président actuel, peu importe. Dans notre pays, le pouvoir est démocratique. Si la démocratie n'est pas directe, elle n'en est pas moins fragile et tributaire des mouvements sociaux.

L'alternative serait de n'avoir pas une démocratie, mais un pouvoir autoritaire. Est-ce cela que nous souhaitons ?

Si nous voulons rester en démocratie, laissons passer ces petits jeux d'image, ces concessions au bon cœur, cette vox populi qui dit noir aujourd'hui, mais dira blanc demain.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire