mardi 1 mai 2018

The end of the fucking world : surtout pas un road movie, surtout pas un Bonnie and Clyde, surtout pas un film psychologique et encore moins une critique sociale




J'ai failli arrêter à la fin du deuxième. Zut. Encore une série qui montre des ados qui sont tellement déjantés, serial killers en puissance, tellement bizarres, tellement différents. Une fille qui jette par terre son téléphone portable et le piétine, tu as déjà vu ça dans la vraie vie ? Moi non. Même à l'asile, chez les furieux, ça se fait pas.

Quand même, j'ai continué. Il y a seulement huit épisodes - et chacun de vingt minutes. Pas un gros investissement... J'ai bien fait : tous les aspects artificiels du début ont disparu. Reste une réalité terne et minable. Des gens fragiles, ou cassés. Des gens pas très jolis qui ressemblent aux vrais gens.

L'Angleterre ordinaire. Rien de trop, rien de désagréablement exagéré ou artificiel - les anglais sont très fort dans ce style, je pense à un film qui m'avait beaucoup marqué, Deep End (1970) : l'histoire d'un tout jeune garçon de bain dans la piscine minable d'un quartier pauvre à Londres.

Mais dans The end of the fucking world, on n'est pas dans une piscine, on est juste dans la merde jusqu'au cou. En fuite dans une voiture volée. Ils sont cons, ceux qui disent : "oh, un road movie !" dès qu'ils voient que des gens voyagent en voiture. Sans doute parce que ça fait américain, grands espaces, vie semi-clochardisée. Car non, ce n'est évidemment pas un road movie.

L'absence totale de bons et de méchants. Mais parfois, des très méchants. L'originalité tient à ce que les gentils aussi s'en prennent plein la gueule. Comme si rien ne servait à rien.

La musique est cool, d'autant plus qu'elle est totalement décalée : des vieux tubes des années soixante.

La fuite haletante, l'incertitude totale jusqu'à la fin. Et d'une certaine manière, une belle histoire.

Racinien. Émouvant. Fort.