dimanche 22 juillet 2018

Le zizi de papa


Ah ouais, c'est super rigolo !

N'imagine pas une seconde que ce post va être graveleux. Vade retro !

J'ai longtemps tardé à l'écrire - plus d'un an. Tout le temps, je me disais que ce que j'observais chez ma fille n'était qu'une phase, un épiphénomène, pas de quoi écrire une demi-page.

Voilà les faits : je ne suis pas particulièrement pudique, et quand je prends ma douche ou quand je me change après avoir nagé, je ne pense pas à me cacher. Ma fille a remarqué un truc qui pendouillait et elle a observé qu'elle n'en avait pas. J'ai nommé l'objet, et elle a immédiatement retenu le mot.

Là où je m'étonne, c'est que depuis un an, chaque fois qu'elle a l'occasion de me voir à poil, elle éclate de rire. Elle montre du doigt et dit "le zizi de papa ! le zizi de papa !"

Écartons d'emblée une explication de bon sens mais fausse : mon jbougnz a une taille et un aspect général parfaitement standards et ne se termine pas par une tête de clown. Cela dit, elle n'a pas vraiment d'autres références. Le petit voisin qui joue avec elle à la ferme ? Fon m'assure que non.

Je cherche en vain ce qui aurait pu induire ma fille à réagir ainsi. Quels éléments culturels elle aurait pu glaner qui l'incitent à trouver un sexe comique. Certainement pas mes échanges avec Fon. Ni ceux que Fon a avec sa mère - et encore moins son père. Évidemment pas avec son frère dont elle n'est pas proche. Ni avec ses amies. Rien à la télé, rien dans les pubs.

J'ai un truc entre les jambes. Elle n'en a pas. Pour les cheveux, c'est l'inverse, et elle ne se roule pas par terre en hurlant "les cheveux de papa !" Tu me diras qu'un cheveu ressemble à un autre cheveu, et que des cheveux, il m'en reste encore un certain nombre.

Admettons que ce soit la différence entre un zizi et un coquillage qui soit étonnante. Elle n'est pas hilarante pour autant. Le zizi lui-même est-il ridicule ? Je concède qu'il est un peu rigolo, avec ses boules qui pendent derrière. Mais à ce point ? Car ma fille jubile quand elle dit "le zizi de papa". Oui, elle jubile !  Étrange, non ? Le spectacle d'une grosse loche qui rampe sur un chemin forestier peut étonner. Mais faire rire ? A chaque fois et pendant plus d'un an ? Et ce n'est pas : drôle-un peu. Non, c'est drôle-drôle. Je ne comprends pas.

Il est con, mon père ! Il s'est jamais regardé dans une glace...!

Il reste un dernier point à écarter. Ma fille serait très spéciale. La seule des petites filles à rigoler en voyant un zizi. J'ai des doutes. Mes autres filles rigolaient aussi. Ça n'a pas duré longtemps car leur mère était (selon mes critères) très pudique et m'a très vite dit de cacher mon matériel. Outre que dans l'Oise, les occasions de se foutre à poil en plein air sont moins fréquentes qu'en Thaïlande.

Tu te doutes que je ne suis pas allé chercher des explications bidon du côté de la psychanalyse. Et en l'occurrence, l'interprétation classique est incompatible avec mon observation puisque selon le dogme, la fillette serait au contraire mortifiée de ne pas avoir le phallus dont elle supposerait avoir été amputée (faut vraiment être naze pour croire à des explications pareilles).

Résumons. Un comportement net, répétitif, univoque. Aucun sujet d'imitation dans l'entourage. Pas de motif particulier pour le déclencher. Pas d'éléments culturels susceptibles de l'encourager - du moins à ma connaissance. Ça ne nous laisse pas dix interprétations. Un pré-câblage ? Quelque chose d'inné ? Une gestalt comme la tache jaune qui déclenche le réflexe de nourriture chez le jeune goéland ?

J'en suis là. Je pense qu'il s'agit d'une manifestation intempestive des équipements neurologiques de base relatifs à la sexualité, qui atteindront leur plein développement à la puberté. Mais j'attends la contradiction.

Le bec du goéland porte une tache rouge. Dès la naissance et sans aucun apprentissage, les petits reconnaissent la tache et frappent dessus pour déclencher la régurgitation des parents (Konrad Lorenz). On en conclut que la connaissance de cette tache est programmée avant la naissance dans les circuits neurologiques du goéland.




3 commentaires:

  1. A la maison - et encore séparés ! - papa se promène à poil, et souvent maman aussi. Le zizi de papa a été un protagoniste grandiose des dessins de ma fille du milieu de la maternelle au milieu du primaire, sans restriction aucune et à notre grand amusement. Cela a beaucoup fait parler les psy qui n'y comprennent rien. La majorité des dessins ne manquaient pas d'humour, et il n'était pas rare qu'ils soient accompagnés de phrases du genre "le gros zizi de papa", laquelle lancée à la cantonade la faisait beaucoup rire. Je confirme donc : le gros zizi de papa, c'est très marrant. Et aussi, les seins de maman (pouet pouet). Mon garçon qui a bientôt trois ans s'intéresse aussi beaucoup à son zizi (mon zizi, j'ai un zizi, ça c'est mon zizi...) et fait quotidiennement la liste des membres de la famille et de leur zizi sous une forme de question réponse ou d'affirmations : untel a un zizi, et unetelle a un zizi (chez nous on n'utilise pas zezette, mais zizi de fille et zizi de garçon). Je confirme : les zizis, c'est important. Et les nénés aussi : une grande passion :)

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  2. Ouf, ma fille n'est pas la seule... mais je m'en doutais un peu ! Y a-t-il une différence entre ta fille et ton garçon ? Est-ce que pour l'une c'est drôle, et pour l'autre sérieux...?

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  3. Je n'ai pas assez de recul pour donner une réponse objective, mais je dirais que pour l'instant, ce n'est pas spécialement drôle, ni sérieux d'ailleurs, c'est juste intéressant.

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